Le jeudi 21 fevrier, rendez-vous devant la piscine Mallarmé à Besançon pour un baptême en scaphandre pieds lourds.

Barreau après barreau, je descends de plus en plus profond le long de l'échelle. Ca y est ! Je touche le fond ! et d'un pas peu assuré au début, je commence à me déplacer vers une zone plus profonde. Voilà comment, le jeudi 21 février, nous avons pu, Béatrice, Cyrille (Nantua Plongée) et moi-même, goûter au plaisir de la découverte de la plongée en scaphandre pieds lourds.

Avant celà, nous nous sommes retrouvés au rendez-vous fixé par les adhérents de l'association SCAPH25 de Besançon, devant la piscine Mallarmé. Là nous avons vite compris qu'un baptême en " Pieds lourds " nécessitait des efforts, avant pendant et après la plongée. Après avoir déchargé les 200 kilos de matériel (casques, narguilés, chaussures à semelles de plomb, médailles (plomb de poitrine), peaux de bouc (combinaisons), système de communication, bouteilles de plongée etc.), nous voilà au bord du bassin avec Pierre, le président de Scaph25, qui nous donne les directives pour préparer le matériel.

Béatrice, toujours prête à tester une nouvelle expérience, sera la première à plonger. Assise sur un tabouret, elle se laisse équiper par deux ours (c'est le nom utilisé pour les aides surface). Après avoir passé la peau de bouc, qui paraît un peu grande au premier abord, elle enfile la pèlerine (plastron support de casque) qui fait la liaison entre la combinaison et le casque. A ses pieds, les deux ours enfilent les chaussures à semelles de plomb (15 kg chacune). Le narguilé, raccordé au casque, passe entre les jambes pour remonter jusqu'à la taille. Ce sera la ceinture (pas de plomb) servant de support au couteau, qui fixera le tuyau d'air contre le corps du scaphandrier.

Vient le moment du boulonnage du casque sur la pèlerine (entre 25 et 30 kg l'ensemble suivant modèle), Béatrice peut commencer à tester la soupape qu'elle actionnera avec sa tête pour purger l'air en excédent dans le vêtement. La liaison radio surface/scaphandrier étant établie, et après un dernier test, les médailles dorsale et ventrale (16 kg chacune) sont accrochées à la pèlerine. Le poids sur les épaules devient difficile à supporter et la colonne vertébrale est soumise à rude épreuve. C'est avec soulagement que Béa voit Philippe visser, enfin, le hublot sur le casque.

Plus qu'un petit effort, se mettre debout, marcher à reculons en direction de l'échelle, descendre les barreaux pour enfin poser ses pieds sur le carrelage du fond de la piscine.

Ensuite c'est le bonheur total. La marche sur le fond n'est pas aisée mais après un petit parcours d'une dizaine de mètres, on commence à se mettre dans la peau des pionniers de la plongée. Fini la stabilisation et le poumon ballast. L'admission d'air est commandée par le scaphandrier lui-même a l'aide d'un robinet fixé sur la poitrine. Attention à ne pas trop mettre de débit sans purger avec la soupape de casque, sinon c'est la remontée en ballon. La descente vers le fond (4,5 m) ressemble à une piste de ski : il suffit de se laisser glisser. La vision n'est pas parfaite car réduite, mais on a l'impression de faire partie d'une bande dessinée de Tintin et que le trésor de Rackham le Rouge n'est plus très loin. Le retour vers le petit bain est quant à lui plus difficile (la pente est raide) et un plongeur aide le scaphandrier en poussant à la base des chevilles, servant ainsi d'appui aux pieds.

La remontée à l'échelle demande énormément d'efforts. Là aussi, une aide est presque indispensable pour les novices. En surface, le tabouret est le bienvenu pour reposer enfin les jambes tremblantes.

Le casque enlevé, les yeux brillants de Béa et son large sourire nous invitent, Cyrille et moi-même, à nous glisser dans nos peaux de bouc. Ca y est ! C'est à notre tour !

Cela fait deux jours que nous avons fait ce baptême et ma pensée va vers ces pionniers, qui, il y a presque 150 ans s'enfonçaient dans les profondeurs pour travailler pendant des heures, six jours par semaine, au prix de nombreux efforts. Respect !

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